ETAPE 3 : Vivre la fraternité

Vivre la fraternité

« Est-ce que je suis, moi, le gardien de mon frère ? » Gn 4, 9

Dans l’Écriture

Jacob habita la terre où son père était venu en immigré : la terre de Canaan.

Voici l’histoire de la descendance de Jacob. Joseph, âgé de dix-sept ans, faisait paître le petit bétail avec ses frères. Le jeune homme accompagnait les fils de Bilha et les fils de Zilpa, femmes de son père. Il fit part à leur père de la mauvaise réputation de ses frères.

Israël, c’est-à-dire Jacob, aimait Joseph plus que tous ses autres enfants, parce qu’il était le fils de sa vieillesse, et il lui fit faire une tunique de grand prix.

En voyant qu’il leur préférait Joseph, ses autres fils se mirent à détester celui-ci, et ils ne pouvaient plus lui parler sans hostilité.

Joseph eut un songe et le raconta à ses frères qui l’en détestèrent d’autant plus.

« Écoutez donc, leur dit-il, le songe que j’ai eu.

Nous étions en train de lier des gerbes au milieu des champs, et voici que ma gerbe se dressa et resta debout. Alors vos gerbes l’ont entourée et se sont prosternées devant ma gerbe. »

Ses frères lui répliquèrent : « Voudrais-tu donc régner sur nous ? nous dominer ? » Ils le détestèrent encore plus, à cause de ses songes et de ses paroles.

Il eut encore un autre songe et le raconta à ses frères. Il leur dit : « Écoutez, j’ai encore eu un songe : voici que le soleil, la lune et onze étoiles se prosternaient devant moi. »

Il le raconta également à son père qui le réprimanda et lui dit : « Qu’est-ce que c’est que ce songe que tu as eu ? Nous faudra-t-il venir, moi, ta mère et tes frères, nous prosterner jusqu’à terre devant toi ? »

Ses frères furent jaloux de lui, mais son père retint la chose.

Gn 37, 1-11

Méditation

Caïn n’a pas accepté la faveur que Dieu accorde à Abel. Il aurait pu entrer dans la joie, sous le regard du Père, pour et avec son frère.

Mais il a comparé. Et ce qu’il a vu ne semblait pas à son avantage. Il en a conçu de la jalousie et du ressentiment. Abel en est mort.

Dieu est pourtant venu chercher Caïn au creux de cette colère, Il lui a parlé, Il a mis des mots sur ce qui se passait. Mais Caïn, tout à sa colère et sa frustration, n’apas écouté et, refusé la responsabilité de la vie de son frère, la renvoyant à Dieu comme une fin de non-recevoir. Suis-je le gardien de mon frère ? Je ne l’ai pas choisi. Il t’appartient, pas à moi !

De nombreuses générations plus tard, d’autres frères sont de nouveau sous l’emprise de la jalousie. Il y a de quoi : Joseph, plus jeune qu’eux, se positionne en intendant de son père et fait son rapport sur les faits et gestes de ses frères, à leur désavantage. Mais il y a plus, il est ouvertement le préféré de Jacob. Alors difficile de ne pas s’exaspérer en l’entendant en rajouter et raconter par deux fois, des songes où la comparaison ne laisse aucune place au doute : Joseph est bien privilégié.

Mais il n’a pas encore compris ce qu’il doit faire de ces faveurs et reste aveugle à la blessure affective vécue par ses frères. Il leur faudra, à tous, parcourir un long chemin de réconciliation et de don de soi pour devenir vraiment fils d’un même père, et vraiment frères, gardiens les uns des autres.

Mise en pratique

La question de Caïn résonne encore jusqu’à nous. Suis-je le gardien de mon frère ?

Pourquoi me réjouir lorsqu’il semble préféré de Dieu, par sa vie meilleure que la mienne, par sa réussite, par son bonheur si loin de ma banale réalité quotidienne ?

Et si je suis le gardien de mon frère, est-ce pour en rendre compte à Dieu comme on supervise, et qu’on juge la valeur de sa conduite ?

Concrètement, nous pouvons rester vigilants dans tous ces moments de notre vie où nous sommes en situation de comparer.

  • Je peux m’entraîner au moins une fois par jour à dire, ou penser, combien je suis content, sincèrement, de ce qui fait plaisir à mon frère. En refusant de céder au désir d’évaluer les faveurs dont bénéficie mon frère, et en choisissant de me réjouir pour lui et avec lui, je participe à la joie de Dieu, et ma joie véritable peut grandir elle aussi pour moi-même, libérée de tout esprit comptable.
    Je peux choisir de croire que Dieu m’aime autant qu’Il aime mon frère.
  • Je peux prendre le temps de regarder mon frère avec bienveillance et voir ce qui est beau et aimable en lui. En restant humble devant les grâces qui me sont données, je peux m’apercevoir de la souffrance de mon frère, et l’accompagner plus justement sur un chemin porteur de vie.
    Je peux choisir de croire que Dieu aime autant mon frère qu’il m’aime moi.
  • En demandant l’aide de l’Esprit Saint, je peux me laisser ajuster à la responsabilité que Dieu me donne en me confiant mon frère.

Chant

QUE LE SEIGNEUR TE BENISSE

Que le Seigneur te bénisse et te garde,
Qu´Il fasse pour toi rayonner son visage.
Que le Seigneur te découvre sa face,
Te prenne en grâce et t´apporte la paix.

Paroles d´après Nb 6, 24 et musique : G. du Boullay
N° 05-47 © 1982, Éditions de l´Emmanuel, 89 boulevard Blanqui, 75013 Paris

https://open.spotify.com/track/5f9yygsz3d2XyK1SKS8Bt2

Restons en contact, abonnez-vous à La Lettre de Saint-Saturnin :

saintsaturnin.org – Paroisse Catholique
Fabriqué avec à Antony (92)