« Notre » Père, La foi en dialogue n°2/4 : la foi naît de la prédication et n’est pas le fruit de ma pensée

Cycle de CATÉCHÈSE SUIVIE SUR LE NOTRE PÈRE

« Notre » Père

La foi en dialogue n°2/4 :
la foi naît de la prédication et n’est pas le fruit de ma pensée

La foi n’est pas le résultat d’élucubration du moi solitaire qui se forgerait des idées et qui détaché de tout rêverait tout seul à la vérité. La foi est le fruit d’un dialogue, l’expression d’une audition, d’un accueil et d’une réponse, par laquelle l’homme, grâce à l’échange entre le je et le tu s’insère dans le nous de ceux qui partagent la même foi. La foi nait de la prédication et non de la réflexion comme en philosophie. La foi par nature ne veut pas concevoir ce qui est concevable au point de constituer finalement un fruit de ma pensée. La caractéristique de la foi est de naître de la prédication, d’être accueil d’une donnée, non un produit personnel. L’exercice de ma pensée sur l’objet de la foi est toujours une re-pensée sur ce que j’ai entendu et reçu.

Dans la foi, il y a priorité de la parole sur la pensée, à la différence de la philosophie où il y a une priorité de la pensée sur la parole. La philosophie est le produit d’une réflexion qu’on essaye de traduire en paroles. La foi se présente à l’homme de l’extérieur, elle n’est pas une idée personnelle mais est la parole d’un autre, ni conçue, ni pleinement concevable par moi. Crois-tu ? « Je crois. » La foi nous devance et n’est pas le fruit d’une recherche privée. La caractéristique de la foi est l’accueil d’un donné impossible à concevoir pleinement, accueil qui engage ma responsabilité, car même si le don n’est jamais pleinement ma propriété, et que je ne peux jamais combler pleinement mon retard par rapport à lui, je dois chercher à me l’assimiler de plus en plus, en me livrant à lui comme à un plus grand que moi. Il résulte de cela que la parole de foi n’est pas adaptable à loisir, interchangeable ; elle m’est imposée toute préparée devançant ma pensée. La réalité de ce donné me donne ce que je ne saurais me donner à moi-même.

A la réalité objective de la foi et à la priorité de la parole se rattache la dimension sociale de la foi, qui s’oppose à la dimension individualiste de la philosophie, au moins dans son élaboration avant sa communication.

Père Ambroise Riché