« Notre » Père – Quelle fraternité ? Tous frères ? et la hiérarchie ?

Cycle de CATÉCHÈSE SUIVIE SUR LE NOTRE PÈRE

« Notre » Père

Quelle fraternité ?
Tous frères ? et la hiérarchie ?

On a vu un peu plus haut avec saint Paul que ce qui s’opérait dans le christianisme était la suppression de toutes les frontières entre les hommes. « Désormais nous ne connaissons plus personne selon la chair, nous ne le connaissons plus ainsi à présent. Si donc quelqu’un est dans le Christ, c’est une création nouvelle ; l’être ancien a disparu, un être nouveau est là. » (2 Co 5,16-17). Devant la réalité bouleversante de cette nouvelle création, toutes les divisions anciennes ne comptent plus. (Ep 2, 12-17) Le mystère du Christ, c’est le mystère de frontières supprimées. « Vous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ : il n’y a plus ni esclave, ni homme libre ; il n’y a plus ni homme, ni femme ; car tous vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus ». (Ga 3,27-28) Ainsi, « il n’y a que le Christ qui est tout en tous ».(Col 3,10-11) Ne demeure plus que la différence créateur-créature, devant laquelle toutes les autres différences se réduisent à rien.

On peut alors légitimement se demander pourquoi demeure la différence hiérarchique au sein même de l’Eglise qui devrait précisément être le lieu d’abolition de toutes les différences pour vivre dans l’unité du Christ. Et en effet la hiérarchie doit être toujours soumise à la phrase de l’Evangile de Mt 23,8-11 : « Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. » En effet, par ces mots le Christ invite à supprimer toutes les formes de dignité extérieure, que l’on rencontrait dans le judaïsme, pour retrouver l’idéal de la communauté fraternelle. Seul Dieu peut vraiment être Père spirituel.

Cependant, qui lit le Nouveau-Testament, ne peut que constater qu’il existe bien un ministère néotestamentaire, investi d’un pouvoir, distinct du fidèle sans mandat. Il y a dans le Nouveau-Testament une hiérarchie et un ministère sacerdotal. Mais le prêtre dans le Nouveau-Testament n’est jamais détenteur de ce ministère : pour lui pas d’exousia, d’arxè, de telos ou de timè (expressions grecques marquant le pouvoir, expressions qui sont réservés aux autorités de la synagogue), mais la diakonia, qui signifie le service. Il n’y a dans l’Église d’autres ministères que le service. Le sacerdoce chrétien ne peut être identifié en rien à celui des autres même si dans ses manifestations extérieures il peut leur ressembler. D’ailleurs, le sacrement propre dans l’Eglise s’appelle ordre et non sacerdoce. Ainsi tout apôtre même revêtu d’une certaine autorité reste et demeure disciple du Christ. Être disciple n’est pas pour lui un commencement avant de devenir à son tour maître, mais c’est un achèvement, un accomplissement. Le ministère paternel dont il est investi n’est jamais un gage de pouvoir et de dignité, mais est toujours compris comme une forme du service fraternel et donc de l’unité.

Père Ambroise Riché

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