La communion spirituelle

Aujourd’hui privé de la Communion Sacramentelle, voici quelques textes et prières pour approfondir notre rapport à la Communion Spirituelle à laquelle nous sommes tous appelés et encore plus en ce temps d’épidémine et de confinement.

La communion spirituelle

L’Eucharistie : Communion avec le Christ et entre nous

Extrait issu de “L’Eucharistie : Communion avec le Christ et entre nous” / Réflexions théologiques et pastorales en vue du 50ème Congrès Eucharistique International

VI. c. La Communion spirituelle

120. Parmi les fidèles qui assistent à la Messe, certains peuvent ne pas être en situation de recevoir la communion, mais tous sont en mesure de vivre ce qui est appelé une “communion spirituelle”, dans le sens d’un acte d’adoration, en s’unissant au mouvement d’offrande qui est célébré à la Messe. Sainte Thérèse d’Avila écrivait : « Quand vous ne recevez pas la communion et que vous ne participez pas à la Messe, vous pouvez faire une communion spirituelle, qui est une pratique très bénéfique ; l’amour de Dieu sera ainsi grandement imprimé en vous »[74]. Nous sommes tous d’une manière ou d’une autre unis par l’Esprit Saint. Ceux qui ne peuvent pas recevoir la communion peuvent déclarer dans leur cœur leur profond désir de la recevoir et unir leur être et leur souffrance du moment au sacrifice de Jésus Christ. Depuis quelque temps, on invite souvent pendant la Messe ceux qui ne peuvent pas recevoir la communion sacramentelle – par exemple, les enfants avant leur Première Communion et les adultes qui ne sont pas catholiques – à recevoir une « bénédiction » au moment de la communion.

Voici un condensé d’un article rédigé par Mgr Louis-Marie de Bazelaire, pour le Dictionnaire de Spiritualité (Beauchesne, 1935).

Ce qu’est la communion spirituelle

L’expression « communion spirituelle » désigne l’union de l’âme à Jésus-Eucharistie, réalisée non par la réception du sacrement, mais par le désir de cette réception. Communier spirituellement, c’est s’unir à Jésus-Christ présent dans l’eucharistie, non pas en le recevant sacramentellement, mais par un désir procédant d’une foi animée par la charité.

Quels éléments comporte la communion spirituelle ainsi définie ?

Elle est constituée essentiellement par un désir de l’eucharistie. C’est ce que dit saint François de Sales : « Mais quand vous ne pourrez pas avoir ce bien de communier réellement à la sainte messe, communiez au moins de cœur et d’esprit, vous unissant par un ardent désir à cette chair vivifiante du Sauveur» (Introduction à la vie dévote).

C’est un désir inspiré par la charité. La communion spirituelle requiert l’état de grâce et nous verrons les conséquences de cette condition pour les effets de la communion spirituelle. Quant aux dispositions qu’implique cette foi vive, cette charité, dont parle le concile, ce sont celles qui sont indiquées, plus loin et dont les formules remplissent les livres de piété sous la rubrique : Actes avant et après la communion.

Son fondement théologique

La valeur de la communion spirituelle repose sur deux principes :

  • Premier principe : la foi en la présence du Christ dans l’eucharistie comme source de vie, d’amour et d’unité.
    On ne peut bien comprendre le désir de l’eucharistie, si on n’accepte pas le principe de la valeur sanctifiante de l’eucharistie. C’est parce que l’on croit à la présence réelle et vivifiante du Christ dans l’eucharistie, qu’on désire recevoir le sacrement. C’est parce que l’on croit au caractère spécial de ce sacrement, qui est d’augmenter la vie de la grâce, d’intensifier la charité, de fortifier l’unité qui nous lie au Corps mystique [=l’Eglise], que l’on désire cette union au Christ. C’est parce que l’eucharistie, selon la promesse de Notre-Seigneur, est le pain de l’âme, un aliment de vie, une nourriture spirituelle, que l’on veut effectivement s’en nourrir. Toute la liturgie eucharistique, en nous rappelant cette pensée, nous invite à y voir le caractère propre du sacrement. Et c’est pourquoi le désir de l’eucharistie ou la communion spirituelle est totalement différent de l’union par la foi au Christ, enseignée par les protestants.
  • Deuxième principe : l’efficacité du désir peut suppléer l’acte sacramentel.
    C’est un principe admis en beaucoup de cas que le désir supplée l’acte, quand celui-ci ne peut être accompli en lui-même. La fin, dit saint Thomas, est contenue dans le désir. Par le désir, la communion est en quelque sorte accomplie ; sans doute elle ne l’est pas matériellement ; mais, puisqu’il faut distinguer dans le sacrement le signe (sacramentum) et la réalité (res sacramenti), le désir atteint la réalité sans passer par le signe. Le mouvement sincère et efficace de l’âme vers la vie est déjà un mouvement de vie. Celui qui tend vers la vie du Christ dans l’eucharistie la trouve, car le Christ ne manque pas à ceux qui le cherchent.

Ses effets

Quels sont donc les effets de la communion spirituelle ?

Les effets produits sont de même nature que dans la communion eucharistique, donc augmentation de la grâce sanctifiante, grâces d’amour, de vie, de pureté, d’unité... « On rapporte de sainte Angèle de Mérici que lorsqu’on lui interdisait la communion de chaque jour, elle y suppléait par de fréquentes communions spirituelles à la messe, et elle se sentait parfois inondée de grâces semblables à celles qu’elle aurait reçues si elle avait communié sous les espèces sacramentelles. Aussi laissa-t-elle à son Ordre comme un legs pieux, une pressante recommandation de ne point négliger cette sainte pratique. »

Ces effets peuvent être supérieurs à ceux qui sont produits dans la communion sacramentelle, si les dispositions sont très pures, mais à égalité de dispositions, ils sont évidemment moins abondants que dans la communion eucharistique. « Il peut arriver que vous fassiez cette communion spirituelle avec une telle ferveur, que vous méritiez autant de grâces que le prêtre en obtient par la communion sacramentelle, bien que, pour lui, des dispositions semblables unies à la réception du sacrement aient pour résultat des grâces plus abondantes » (Vénérable Louis Dupont.).

Comment pratiquer la communion spirituelle ?

Les actes de la communion spirituelle sont du même ordre que ceux qui précèdent, accompagnent et suivent la communion sacramentelle. Ils sont bien décrits dans ce passage de Scaramelli : « toute personne pieuse doit d’abord concevoir un sincère repentir de ses péchés et purifier par cette douleur le tabernacle de son coeur, où elle désire recevoir et faire reposer le divin Sauveur. Ensuite elle fera un acte de foi vive sur la présence réelle de Jésus Christ dans cet auguste mystère. Puis elle considérera la grandeur et la majesté de ce Dieu caché sous le voile des saintes espèces : qu’elle réfléchisse à l’amour immense, à la grande bonté avec lesquels il désire s’unir à nous ; qu’elle jette aussi ses regards sur sa faiblesse et sa propre misère. Après ces considérations elle doit faire des actes d’humilité et de désir ; d’humilité, à la vue de sa pro­pre indignité ; de désir, à cause de l’amabilité infinie de Dieu. Enfin, puisqu’il ne lui est pas donné de s’unir à son bon Sauveur par la réception réelle de l’eucharistie, qu’elle s’en approche en esprit et s’unisse à lui par le doux lien d’un amour paisible et tranquille. Elle terminera la communion spirituelle en remerciant et en louant le Seigneur ; car, quoique Jésus-Christ ne soit pas descendu réelle­ment dans son coeur, il était cependant bien disposé à cette union d’amour et la désirait avec toute l’ardeur de la charité. Elle lui demandera donc les grâces dont elle se reconnait indigne, et s’appliquera sérieusement à produire les actes qu’elle a coutume de faire après la réception de cette nourriture divine. »

La communion spirituelle peut être faite aussi souvent que l’âme le désire. « La bienheureuse Agathe de la Croix était animée d’un tel amour pour le Saint Sacrement, qu’elle serait morte, dit-on, si son confesseur ne lui avait pas enseigné la pratique de la communion spirituelle ; et lorsqu’elle la posséda, elle avait coutume de la répéter jusqu’à deux cents fois dans un jour » (Faber).

Le moment privilégié pour faire la communion spirituelle est le temps de la messe, où, si l’on ne peut communier sacramentellement, on peut toujours s’unir à la communion du prêtre et faire les actes de la communion spirituelle. L’assistance à la messe est la meilleure préparation à cette communion, qui nous fait participer d’une manière étroite et personnelle au sacrifice de Notre-Seigneur.

Les avantages de la communion spirituelle ne doivent permettre ni d’en exagérer ni d’en minimiser l’importance. Elle tire sa valeur de la communion sacramentelle, mais les richesses du trésor eucharistique ne doivent pas faire négliger l’appoint spirituel de ce désir intérieur du coeur. Et c’est le sens à retenir sans doute de la parole adressée à l’humble soeur Paula Maresca par le Seigneur Jésus, qui lui montrait deux vases précieux, l’un d’or et l’autre d’argent. « Dans le vase d’or, dit-il, je conserve vos communions sacramentelles et dans le vase d’argent, vos communions spirituelles. »

Actes de communion spirituelle

Prière à Notre-Dame du Divin Amour / Pape François

Lors d’une messe au sanctuaire marial romain, une prière du Saint-Père a été diffusée par vidéo dans laquelle le Pape confie à Marie le peuple romain et toutes les personnes affectées par le coronavirus.

“Ô Marie,
Tu brilles toujours sur notre chemin comme un signe de salut et d’espoir.

Nous nous confions à toi, Santé des malades,
qui auprès de la Croix, a été associée à la douleur de Jésus, en restant ferme dans la foi.

Toi, Salut du peuple romain, tu sais de quoi nous avons besoin et nous sommes sûrs que tu y pourvoiras pour que, comme à Cana de Galilée, la joie et la fête reviennent après cette épreuve.

Aide-nous, Mère de l’amour divin, à nous conformer à la volonté du Père et à faire ce que nous dira Jésus, qui a pris sur lui nos souffrances et s’est chargé de nos douleurs pour nous conduire à travers la Croix, à la joie de la résurrection.

Amen.

Sous Ta protection, nous cherchons refuge, Sainte Mère de Dieu.

Ne méprise pas les suppliques de ceux d’entre nous qui sont dans l’épreuve, et délivre-nous de tout danger, ô Vierge glorieuse et bénie.”

Pape François, 11 mars 2020

Prière transmise par Mgr Raymond Centène

Seigneur Jésus, je crois fermement que Tu es présent dans le Saint Sacrement de l’Eucharistie. Je T’aime plus que tout et je Te désire de toute mon âme. « Après toi languit ma chair comme une terre assoiffée » (psaume 62).

Je voudrais Te recevoir aujourd’hui avec tout l’amour de la Vierge Marie, avec la joie et la ferveur des saints.

Puisque je suis empêché de Te recevoir sacramentellement, viens au moins spirituellement visiter mon âme.

En ce temps de Carême, que ce jeûne eucharistique auquel je suis contraint me fasse communier à Tes souffrances et, surtout, au sentiment d’abandon que Tu as éprouvé sur la Croix lorsque Tu t’es écrié : « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? ».

Que ce jeûne sacramentel me fasse communier aux sentiments de Ta Très Sainte Mère et de Saint Joseph quand ils T’ont perdu au temple de Jérusalem, aux sentiments de Ta Sainte Mère quand elle Te reçut, sans vie, au pied de la Croix.

Que ce jeûne eucharistique me fasse communier aux souffrances de Ton Corps mystique, l’Église, partout dans le monde où les persécutions, ou l’absence de prêtres, font obstacle à toute vie sacramentelle.

Que ce jeûne sacramentel me fasse comprendre que l’Eucharistie est un don surabondant de Ton amour et pas un dû en vue de mon confort spirituel.

Que ce jeûne eucharistique soit une réparation pour toutes les fois où je T’ai reçu dans un cœur mal préparé, avec tiédeur, avec indifférence, sans amour et sans action de grâce.

Que ce jeûne sacramentel creuse toujours davantage ma faim de Te recevoir réellement et substantiellement avec Ton corps, Ton sang, Ton âme et Ta divinité lorsque les circonstances me le permettront.

Et d’ici là, Seigneur Jésus, viens nous visiter spirituellement par Ta grâce pour nous fortifier dans nos épreuves.

Maranatha, viens Seigneur Jésus !

Mgr Centène, évêque de Vannes

Prière de saint Alphonse de Liguori

Mon Dieu, je crois que vous êtes présent dans le Très-Saint-Sacrement.

Je vous aime par-dessus toutes choses et mon âme soupire après vous.

Puisque je ne puis maintenant vous recevoir dans le Saint-Sacrement, venez au moins d’une manière spirituelle dans mon cœur.

Je vous embrasse comme si vous étiez en moi et je  m’unis entièrement à vous ;
oh ! ne permettez point que je me sépare jamais de vous !

O Jésus, mon souverain Bien et mon doux amour, blessez et enflammez mon cœur afin qu’il brûle toujours de votre amour.

Saint Alphonse de Liguori