Voici « de nouveau » le Temps de l’Avent ou bien : Voici, « NOUVEAU » le Temps de l’Avent
Optons plutôt pour la seconde attitude pour vivre ce temps de l’Avent…
Car s’il revient chaque année, ce n’est pas qu’une nouvelle année liturgique ‘remettrait à zéro’ les ‘compteurs’ du temps. Le temps liturgique, rythmé par l’année liturgique qui commence ce 1er dimanche de l’Avent, ne nous fait pas parcourir chaque année un même itinéraire. Il nous fait aller de l’avAnt en inscrivant plus profondément dans nos vies le mystère pascal du Christ que nous célébrons, en particulier, en chaque eucharistie.
Nous avançons avec la Création entière vers l’Avènement du Seigneur Jésus Christ qui « récapitulera toutes choses en lui » au temps de sa Venue glorieuse (cf Eph 1, 7), ce Jour où tout sera touché et transfiguré par la force de Résurrection dévoilée en Jésus vivant au matin de Pâques.
Et chacun de nous avance vers la rencontre avec le Christ vivant que nous attendons lorsque nous fermerons les yeux au monde présent. Déjà, nous aurons part à la Gloire du Dieu vivant, même s’il faudra que l’Amour de Dieu nous purifie pour nous en rendre pleinement capables et si cette Gloire ne se manifestera dans sa plénitude qu’au Jour final où « Dieu sera tout en tous » (1 Co 15, 28).
Ainsi, le temps de l’Avent a deux orientations.
> Du 1er dimanche jusqu’au 17 décembre, il nous tourne vers l’Avènement du Seigneur Jésus
Christ à la plénitude des temps. Il avive en nous ce désir du Monde nouveau et de la Terre nouvelle où règneront la Justice et la Paix dans l’Amour victorieux. Et puisque « nous avons été baptisés dans la mort (et la Résurrection) du Christ » (Cf Ro 6,3), notre vocation présente est déjà d’être acteurs de cet Avènement en faisant de l’Évangile notre guide de vie, dans la force de l’Esprit-Saint qui oeuvre en nous et qui travaille avec nous à la tâche de ce monde nouveau.
> Du 17 décembre à la fête de Noël-Epiphanie-Baptême du Seigneur où nous célébrons le même mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu en notre chair, nous fixons plus particulièrement nos yeux, notre coeur, notre désir, sur l’Enfant de la crèche. En lui se dévoile, par toute sa vie terrestre, sa mort et sa Résurrection, le dessein d’Amour de Dieu pour chacun et pour l’Humanité entière.
À nous de ne pas entortiller Jésus dans les langes d’un passé plus ou moins mystifié, comme pourraient nous y inciter nos crèches familiales, paroissiales ou autres, si familières. Jésus ne naît pas ‘pour nous’ dans la nostalgie bucolique d’un temps jadis ; il « se tient à la porte (de notre coeur), et il frappe » (Ap 3, 20) pour que nous vivions avec lui et que nous mettions toute notre existence dans sa Lumière, dans le sillage de l’Évangile.
Père Jean-Luc ABADIE







