« Unis pour la sainteté » – Edito 2018 n°6

Qu’il est triste d’entendre des chrétiens parler du mariage comme d’une norme sociale, d’une «obligation» morale, ou pire encore, comme d’un garde-fou contre des pulsions déviantes ! Dans l’évangile de ce dimanche (Mc 10, 2-16), Jésus rappelle que l’homme et la femme s’unissent dans le mariage de façon définitive et exclusive, afin de devenir « une seule chair ». Telle est la volonté de Dieu en vue de leur sainteté. Aussi le mariage chrétien constitue-t-il une très noble vocation. Voie du plus grand nombre, il ne relève pourtant d’aucun automatisme. On l’oppose souvent à tort au célibat, alors que tous les états de vie tendent vers une même finalité : la vie éternelle et l’union à Dieu. Cet objectif de sainteté devrait être notre unique critère.

Le célibat offert en vue du Royaume (Mt 19, 12) oriente vers la charité parfaite, au point que saint Paul en vante les avantages (1Co 7, 28-38). Le célibat des prêtres est très souvent incompris. L’estimons-nous selon ce qu’il permet : ne rien préférer au Christ, offrir sa vie à Dieu d’un cœur sans partage et servir son peuple dans une disponibilité effective ? Ou bien le voyons-nous à travers l’esprit du monde, nos présupposés idéologiques et le discours des mass-media ? Issu de la tradition la plus antique de l’Église, il plonge ses racines dans la vie même du Christ et des apôtres. Et si l’Église, dans un lointain passé, a ordonné prêtres des hommes mariés, elle exigeait d’eux depuis les premiers siècles la continence…

L’évangile de ce jour part du projet créateur de Dieu pour définir le mariage. Les autres états de vie partagent sa nature – une vocation et sa finalité – la sainteté. Chacun se voit appelé dans la voie la plus adaptée à sa condition et la plus apte à lui permettre le don total de soi, la charité quotidienne en actes, l’obéissance libre et joyeuse à la volonté de Dieu.

Marc LEROI