«Un temps pour parler et un temps pour se taire» – Edito 2018 n°2

Ce qui caractérise le sage dans la Bible, c’est sa capacité de parler au bon moment. Savoir garder le silence fait partie de ses qualités alors que l’insensé ne cesse de parler au point que sa parole finit par perdre sa valeur. Pour guérir un homme qui a de la difficulté à parler, Jésus ne va prononcer qu’une seule parole à l’écart du bruit de la foule : « Effata » (Cf Mc 7, 31-37). Puis il demande à la foule de ne rien dire à personne, mais au lieu de se taire, cette dernière va proclamer les actions de Jésus. Or, ce n’est pas le moment d’annoncer ces miracles, car Jésus doit auparavant vivre sa Passion et sa résurrection afin qu’ils prennent tout leur sens, sinon, un malentendu va s’instaurer sur la nature de sa mission.

Il n’est pas toujours facile de discerner le juste moment pour parler. Dans un monde marqué par l’information en continu, les nouvelles se succèdent en « temps réel », mais pas nécessairement en « temps opportun ». Le besoin d’être le premier à produire de l’événement, des révélations ou de l’information conduit à fragiliser la crédibilité même de l’information.

Chacun de nous est pris dans ce flot d’informations dont certaines peuvent nous toucher, nous choquer, voire nous scandaliser et nous réagissons alors dans l’instantané au niveau de notre seule émotion. La tyrannie de l’immédiat imposé par les réseaux sociaux neutralise le temps de la réflexion. Notre devoir de chrétien n’est-il pas justement de faire usage de notre raison pour chercher en toute chose la vérité ?

En ce temps de rentrée et d’emballement médiatique, prenons le temps du silence et de la réflexion pour redonner à nos paroles toute leur force et leur efficacité.

Père Olivier LEBOUTEUX