“Journée mondiale des pauvres, journées d’amitié” – Edito 2017 n°6

Le lancement de la première journée mondiale des pauvres voulue par le pape François, avec la parution d’un message en juin dernier, est peut-être passé inaperçu pour certains. Il n’est donc pas inutile de relever, pour s’y préparer, l’initiative de cette journée fixée au 33ème dimanche du temps ordinaire, soit le 19 novembre en cette année 2017.

Même si les journées mondiales de ceci ou de cela peuvent agacer parfois par leur multiplication – et l’Église elle-même propose déjà un certain nombre de « journées mondiales » – celle-ci ne devrait pas être placée sur le même plan et trop vite banalisée pour être oubliée. Le pape François désirerait en effet que cette journée soit comme un point d’orgue prophétique dans les manifestations annuelles de l’Église pour témoigner de l’Évangile concrètement, en mettant l’accent sur « la charité du Christ pour les derniers et pour ceux qui sont le plus dans le besoin ».

Rappelant que cette proposition a vu le jour au terme du Jubilé de la Miséricorde, François invite « l’Église tout entière ainsi que les hommes et les femmes de bonne volonté à avoir le regard fixé, en cette journée, sur tous ceux qui tendent les mains en criant au secours et en sollicitant notre solidarité. Ce sont nos frères et sœurs, créés et aimés par l’unique Père céleste. »

De façon significative, le pape a donné pour titre à ce premier message pour la journée mondiale des pauvres « N’aimons pas en parole, mais par des actes », se référant à cette invitation que l’on trouve dans la première épître de Jean : « Petits enfants, n’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité. » (1 Jn 3, 18) Il commente ainsi ce verset : « La gravité avec laquelle le ‘‘disciple bien-aimé’’ transmet, jusqu’à nos jours, le commandement de Jésus s’accentue encore davantage par l’opposition qu’elle révèle entre les paroles vides qui sont souvent sur nos lèvres et les actes concrets auxquels nous sommes au contraire appelés à nous mesurer. L’amour n’admet pas d’alibi : celui qui entend aimer comme Jésus a aimé doit faire sien son exemple ; surtout quand on est appelé à aimer les pauvres. » Alors même que François souhaite que les communautés chrétiennes fassent preuve de créativité autour de cette journée pour que naissent « de nombreux moments de rencontre et d’amitié, de solidarité et d’aide concrète » ne pourrions-nous pas saisir le défi pour que nos journées d’amitié à Saint Saturnin soient encore plus de vraies journées avec et pour les pauvres ?

Christian PIAN, diacre