Etre témoin – Edito 2017 n°15

En ce troisième dimanche de l’Avent, la figure prestigieuse de Jean-Baptiste nous est encore proposée. Cette fois-ci, l’essentiel n’est plus dans son appel à la conversion, mais plutôt en la brève présentation qu’il fait de lui-même. L’expérience montre que pour apprécier la valeur d’une oeuvre, il faut souvent écouter ce que dit l’auteur de lui-même. De même, le projet qui vient de Dieu se reflète généralement dans la manière dont son porteur se situe par rapport à celui-ci. Autrement dit, tôt ou tard, peu ou prou, la vérité d’une oeuvre est perçue au travers de celui qui la réalise. Il existe nécessairement une unité entre l’oeuvre bonne et la qualité de son auteur.

Intriguées par la réputation de plus en plus grandissante du précurseur, les autorités de Jérusalem ont voulu savoir son identité personnelle et la raison de son autorité : « Qui es-tu ? Que dis-tu de toi-même ? Et qui t’a donné cette autorité ? ». La réponse du plus grand prophète est surprenante : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert… » Ni le Messie, ni Elie, ni le prophète, il est juste témoin de celui dont il révèle la présence. Et pourtant les foules enthousiastes ne doutaient pas de sa grandeur.

En effet, la mission du témoin consiste à rendre compte fidèlement de ce qu’il a vu et entendu, de l’expérience faite. Le témoin a pour rôle de montrer puis de s’effacer, comme les étoiles au lever du soleil. Sa joie et son bonheur, c’est d’orienter les regards vers Celui qu’il a reçu mission d’annoncer. En toute humilité, Jean-Baptiste se fait témoin. Belle image qui nous resitue avant la célébration de Noël, dans l’essentiel de notre vocation chrétienne : être témoin…

Père Yves Allyn